Frank Bowling. Collage
L'exposition
« Drop the mic! », Bowling s’improvise DJ de ses immenses toiles colorées, par lesquelles transparaissent des chorégraphies improvisées, et laissent le spectateur ébahi.
La galerie soutient l’artiste depuis 2016 pour finalement lui offrir ce premier solo show parisien, admirateur de l’effervescence créatrice de la capitale française. Les œuvres exposées au rez-de-chaussée spécialement créées pour la galerie Hauser & Wirth, sont baignées de lumière par de hautes fenêtres et attirent l’œil du spectateur par leur majestuosité et leur spontanéité frappante. L’exposition se poursuit ensuite à l’étage, dans un espace plus tamisé, où les couleurs, plus diffuses, rendent l’atmosphère envoûtante. Les visiteurs ne peuvent qu’être hypnotisés par l’intensité émanant de ces grands formats, résultats de performances nourries par les inspirateurs de Bowling. Puisant dans la tradition britannique de la peinture de paysage de Constable et de Turner, il y incorpore ses inspirations plus contemporaines, à l’instar de Rothko et Rauschenberg.
Ben Bowling, nous propose une lecture personnelle de l’art de son père, en présentant chaque œuvre exposée. Il nous invite à en tirer une interprétation propre, selon la volonté de ce dernier. Ben évoque aussi avec tendresse le souvenir de sa grand-mère qui avait pour habitude de coudre des vêtements upcyclés, pratique qui, en un sens, se prolonge dans ce travail d’expérimentations sur toile. Privilégiant la technique du collage, l’artiste réalise avec brio des compositions spontanées et vibrantes. Son inspiration principale pour ce solo show est L’Escargot de Matisse[1], découvert dans les années 1950 et retrouvé en 1992 à New-York lors d’une rétrospective au MoMA. Cette œuvre sera pour lui le point de départ d’une longue exploration plastique depuis les années 2000, entre peinture, sculpture et géométrie.
Composante fondamentale de son travail, l’eau vient interférer par ruissellement, par jets, ou même imbiber la toile, qui en ressort détrempée. Ces interventions sont réalisées par séquences rythmées, improvisées par l’artiste. L’eau altère et rend chaque composition unique en son genre, elle s’immisce dans le langage entre les matières. Des éléments perturbateurs -un pinceau, une pièce, ou encore une petite cuillère- lâchés à la surface des œuvres créent des impacts bien visibles, des imperfections formant des ondes de choc troublantes pour le spectateur. Au centre de cette discussion, la peinture tient le rôle d’hôte. C’est elle qui réunit tous ces matériaux pour ne former qu’une entité faite d’assemblages initiés par Bowling, mais dont la trajectoire est dictée par le hasard.
Marie Tuffou
[1] Henri Matisse, L’Escargot, 1953, papier peint coupé et collé sur toile, 287x288 cm, Tate Modern, Londres
La galerie soutient l’artiste depuis 2016 pour finalement lui offrir ce premier solo show parisien, admirateur de l’effervescence créatrice de la capitale française. Les œuvres exposées au rez-de-chaussée spécialement créées pour la galerie Hauser & Wirth, sont baignées de lumière par de hautes fenêtres et attirent l’œil du spectateur par leur majestuosité et leur spontanéité frappante. L’exposition se poursuit ensuite à l’étage, dans un espace plus tamisé, où les couleurs, plus diffuses, rendent l’atmosphère envoûtante. Les visiteurs ne peuvent qu’être hypnotisés par l’intensité émanant de ces grands formats, résultats de performances nourries par les inspirateurs de Bowling. Puisant dans la tradition britannique de la peinture de paysage de Constable et de Turner, il y incorpore ses inspirations plus contemporaines, à l’instar de Rothko et Rauschenberg.
Ben Bowling, nous propose une lecture personnelle de l’art de son père, en présentant chaque œuvre exposée. Il nous invite à en tirer une interprétation propre, selon la volonté de ce dernier. Ben évoque aussi avec tendresse le souvenir de sa grand-mère qui avait pour habitude de coudre des vêtements upcyclés, pratique qui, en un sens, se prolonge dans ce travail d’expérimentations sur toile. Privilégiant la technique du collage, l’artiste réalise avec brio des compositions spontanées et vibrantes. Son inspiration principale pour ce solo show est L’Escargot de Matisse[1], découvert dans les années 1950 et retrouvé en 1992 à New-York lors d’une rétrospective au MoMA. Cette œuvre sera pour lui le point de départ d’une longue exploration plastique depuis les années 2000, entre peinture, sculpture et géométrie.
Composante fondamentale de son travail, l’eau vient interférer par ruissellement, par jets, ou même imbiber la toile, qui en ressort détrempée. Ces interventions sont réalisées par séquences rythmées, improvisées par l’artiste. L’eau altère et rend chaque composition unique en son genre, elle s’immisce dans le langage entre les matières. Des éléments perturbateurs -un pinceau, une pièce, ou encore une petite cuillère- lâchés à la surface des œuvres créent des impacts bien visibles, des imperfections formant des ondes de choc troublantes pour le spectateur. Au centre de cette discussion, la peinture tient le rôle d’hôte. C’est elle qui réunit tous ces matériaux pour ne former qu’une entité faite d’assemblages initiés par Bowling, mais dont la trajectoire est dictée par le hasard.
Marie Tuffou
[1] Henri Matisse, L’Escargot, 1953, papier peint coupé et collé sur toile, 287x288 cm, Tate Modern, Londres
Quand
22/03/2025 - 24/05/2025